Au cours de votre vie professionnelle, vous vivrez probablement plusieurs changements et en voici quelques exemples :
- Un nouveau gestionnaire qui arrive avec sa propre vision
- Une réorganisation des équipes
- Des nouvelles procédures
- L’implantation d’un nouveau logiciel informatique (celui qui est censé nous faire gagner du temps… après les deux premières semaines de confusion !)
- L’arrivée ou le départ de collègues
- Un changement d’horaire
- Une promotion, une réaffectation ou même un changement d’emploi
En fait, s’il y a une certitude, c’est qu’il y aura toujours du changement !
Le changement fait partie de la réalité du travail moderne. Peu importe notre expérience ou notre profession, nous y sommes tous confrontés un jour ou l’autre. Pourtant, s’adapter n’est pas toujours aussi simple qu’on pourrait le croire et c’est tout à fait normal !
Pourquoi le changement nous déstabilise-t-il ?
Notre cerveau adore les habitudes. Elles lui permettent d’économiser de l’énergie et lui procurent un sentiment de sécurité.
Imaginez le scénario suivant : après 5 ans à utiliser le même logiciel, votre employeur annonce qu’il sera remplacé dès le mois prochain. Instantanément, plusieurs pensées peuvent surgir :
- « Pourquoi changer quelque chose qui fonctionne ? »
- « Je vais devoir tout réapprendre ! »
- « Est-ce que je vais être capable de suivre ? »
- « Est-ce que les plus jeunes vont comprendre ça plus vite que moi ? »
Le changement crée souvent de l’incertitude, un sentiment de perte de contrôle ou la peur de perdre certains acquis. Selon les recherches faites par Lazarus et Folkman (1984), le sentiment de perte de contrôle constitue l’une des principales sources de stress lors d’un changement professionnel.
Notre cerveau interprète parfois la nouveauté comme une menace avant même d’avoir évalué objectivement la situation. Maintenant, la question à se poser est quelle réaction j’aurai face à ce changement. La fuite (ex. décider de changer d’emploi), rester figer (ex. résister et ne pas vouloir s’adapter) ou combattre et prendre le taureau par les cornes en se lançant dans l’inconnu avec la conviction que l’on va finir par maîtriser la bête ?
Les réactions sont normales
On ne le dira jamais assez, les émotions et les réactions que le changement crée sont normales et doivent être reconnues. D’ailleurs, les réactions émotionnelles au changement sont considérées comme normales et prévisibles dans la littérature scientifique (Bridges, 2009; Oreg et al., 2011). Les plus fréquentes sont la surprise, la frustration, l’inquiétude, la résistance et finalement l’acceptation de la situation et l’adaptation. On peut ressentir du stress, de l’anxiété, de l’excitation parce que oui le changement aussi peut être positif !
Selon la neuroscientifique Sonia Lupien (2010), une situation devient stressante lorsqu’elle comporte un ou plusieurs des éléments suivants : un manque de contrôle, de l’imprévisibilité, de la nouveauté ou un égo menacé. Il n’est donc pas étonnant que plusieurs changements au travail déclenchent une réaction de stress puisqu’ils réunissent souvent plusieurs de ces éléments à la fois.
Ce qu’il est important de retenir, c’est qu’il n’existe pas une seule bonne façon de réagir. Chaque personne avance à son rythme selon son expérience, sa personnalité, ses expériences passées, sa compréhension et le contexte du changement.
Et qui sait ? Cette nouvelle méthode que vous critiquez aujourd’hui pourrait devenir celle que vous défendrez passionnément dans deux ans !
Les impacts du changement
Lors de ces périodes de changement, durant les premiers temps, vous sentirez probablement une diminution temporaire de la performance et un sentiment d’incompétence. Vous pourriez avoir besoin de formation ou bien avoir envie de changer de carrière. Sur le plan personnel, il peut aussi y avoir des répercussions à la maison par une difficulté à concilier les nouvelles exigences.
Comment mieux traverser une période de changement ?
Astuce 1 – S’informer plutôt que supposer
N’hésitez pas à poser des questions, mais pas trop non plus ! Essayez de trouver les réponses par vous-même en premier et ensuite choisissez les plus importantes et dressez une liste pour les poser au bon moment et à la bonne personne. Aussi, n’hésitez pas à valider les informations informelles que vous recevrez. Éviter les rumeurs !
Astuce 2 – Se concentrer sur ce que l’on peut contrôler
Cibler les zones de contrôle dans une situation de changement peut vous aider à traverser cette période. Par exemple, vous avez du contrôle sur vos attitudes, vos actions et votre apprentissage.
Astuce 3 – Accepter la période d’adaptation
N’oubliez pas, personne n’est performant immédiatement, même Céline Dion a commencé quelque part ! L’apprentissage demande du temps et on ne devient pas expert d’un nouveau logiciel en 15 minutes, malheureusement.
Astuce 4 – Voir le changement comme une occasion de développement
Les changements peuvent vous amener à développer de nouvelles compétences et même à gagner en confiance. Chaque fois que vous traversez une période de transition, vous vous prouvez que vous êtes capable de vous adapter et de relever de nouveaux défis. Plus vous accumulez ces expériences, plus vous développez ce que les chercheurs appellent le sentiment d’efficacité personnelle : la conviction que vous avez les ressources nécessaires pour faire face aux défis qui se présentent à vous (Bandura, 1997). En d’autres mots, chaque changement surmonté devient une preuve supplémentaire que vous êtes plus capable que vous ne le croyez.
Astuce 5 – Demander du soutien
Consulter vos collègues, votre superviseur, peut-être même un mentor qui serait à l’extérieur de votre travail. Bien sûr, les conseillers et conseillères en développement professionnel de chez Groupe Humanova sont là pour vous accompagner, vous conseiller et vous soutenir durant cette période. N’hésitez pas à venir nous rencontrer !
Et si le changement devenait une force ?
En terminant, les travailleurs qui développent leur capacité d’adaptation possèdent un avantage important. L’adaptabilité est l’une des compétences les plus recherchées aujourd’hui et plus précisément, elle est reconnue comme une compétence essentielle au maintien de l’employabilité (Super et al., 1996 et Savickas, 2013).
Le changement peut être inconfortable. Les réactions vécues sont normales et il est possible de développer sa capacité d’adaptation.
Parfois, ce qui nous semble être un obstacle aujourd’hui devient l’expérience qui nous permet de grandir demain. Même lorsqu’il est difficile, le changement peut nous amener à découvrir de nouvelles forces, de nouvelles compétences et de nouvelles possibilités professionnelles.
Anne-Marie Dagenais
Conseillère en développement de carrière
Groupe Humanova
Références
Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. New York, NY : W.H. Freeman.
Bridges, W. (2009). Managing transitions: Making the most of change (3e éd.). Philadelphia, PA : Da Capo Press.
Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. New York, NY : Springer Publishing Company.
Lupien, S. (2010). Par amour du stress. Montréal, QC : Les Éditions au Carré.
Oreg, S., Vakola, M., & Armenakis, A. A. (2011). Change recipients’ reactions to organizational change: A 60-year review of quantitative studies. The Journal of Applied Behavioral Science, 47(4), 461-524. https://doi.org/10.1177/0021886310396550
Savickas, M. L. (2013). Career construction theory and practice. Dans S. D. Brown & R. W. Lent (dir.), Career development and counseling: Putting theory and research to work (2e éd., p. 147-183). Hoboken, NJ : John Wiley & Sons.
Super, D. E., Savickas, M. L., & Super, C. M. (1996). The life-span, life-space approach to careers. Dans D. Brown & L. Brooks (dir.), Career choice and development (3e éd., p. 121-178). San Francisco, CA : Jossey-Bass.
